Paille de chanvre

Culture et fabrication

Il existe plusieurs variétés de chanvre autorisées sur le marché français (concentration inférieure à 0,2 % de substances psychotropes) sélectionnées en fonction de l’usage que l’on souhaite faire de la récolte (fibres, graines ou les deux). Le Syndicat Mixte des Monts de la Madeleine utilise la variété Félina 32 qui est une variété intermédiaire, qui peut être cultivée à la fois pour la paille et pour le chènevis. Des variétés comme la Futura 75 ou Futura 77 sont plus adaptées à la production de paille.
Toutes les semences sont exclusivement commercialisées en France par la Coopérative Centrale des Producteurs de Semences de Chanvre.

Semis

Sous nos latitudes, la plante se sème généralement entre mi mars et fin mai, selon les régions et les variétés. C’est une plante rustique qui s’adapte bien à des conditions difficiles de culture.
Cependant, le sol ne doit pas être hydromorphe, son pH doit être neutre et doit être préparé (labour + apport de compost ou fumier). La profondeur de semis ne doit pas dépasser 3cm, pour une densité de 50 à 80 kg de graines par hectare pour une culture orientée pour la production de paille (de 20 à 50 kg pour la production de graines), la répartition de celles-ci étant sans importance. Le semis peut se faire avec un semoir à céréales classique.

Suivi de culture

La plante est très utile en rotation de culture de part son pouvoir recouvrant qui empêche le développement d’adventices et ainsi « nettoie » le sol. De plus, elle ne subit que très peu les attaques d’insectes et un des rares parasites qui peut l’affecter est l’orobanche rameuse. Ainsi, les traitements herbicides et insecticides ne sont pas nécessaires durant la croissance de la plante jusqu’à sa récolte qui intervient généralement en début d’automne. Ses besoins en eau sont de l’ordre de 300 à 500 litres au cours du cycle végétatif pour 1 kg de matière sèche, ce qui correspond à une pluviométrie de 30 à 50 millimètres par tonne de matière sèche.

Récolte

Concernant la fauche, elle s’effectue en début d’automne, sachant qu’au plus elle est tardive au plus le taux de fibre est important. On préférera une faucheuse à barres de coupe à lames et non une faucheuse à système de coupe rotatif car les tiges s’enroulent autours des assiettes et des tambours.

Séchage et stockage

Outre le séchage « classique » avant bottelage, le chanvre peut être laissé au sol sur la parcelle pour le rouissage. Il s’agit de laisser la paille prendre la pluie et subir une macération naturelle qui facilitera le défibrage par la suite. Lors d’un rouissage au sol les rendements paille restent constants entre 2 à 3 semaines mais baissent fortement au-delà, la chènevotte se délie alors en excès de la fibre et reste au sol. Cependant l’allongement de la période de rouissage a l’avantage d’améliorer le défibrage.
La paille est ensuite soit bottelée (en balles rondes généralement) ou ensilée et stockée sous abris aéré.

Transformation et commercialisation

Pour ce qui est du procédé de défibrage, il consiste en un broyage de la paille puis de la séparation de la chènevotte et de la fibre par le jeu de séparateurs, secoueurs et tamis. Par les différents mouvements imposés par ces éléments (verticaux, latéraux, rotatifs) la chènevotte tombe sur un tapis d’amenée au stockage. Ainsi sont obtenus chènevotte et fibres de chanvre séparément pour des utilisations variées. Le procédé de défibrage demande un équipement lourd et coûteux.
L’association ne propose pas de chanvre défibré à la vente. Par contre une réflexion est engagée concernant la commercialisation du chanvre en bottes, broyée ou ensilée, destinées aux particuliers pour l’auto-construction.
Actuellement, aucun industriel n’achète de paille sur le massif cependant des études sont menées à l’échelle de la région Rhône-Alpes pour la mise en place d’une unité de défibrage, avec Chanvre Auvergne pour un partenariat et avec l’association Chanvriers en Circuits Courts.