Tourteau

Culture et fabrication

Le tourteau de chanvre est un résidu issu de la pression à froid de la graine. Pour le produire il est donc nécessaire de récolter le chènevis. Il existe plusieurs variétés de chanvre autorisées sur le marché français (concentration inférieure à 0,2 % de substances psychotropes) sélectionnées en fonction de l’usage que l’on souhaite faire de la récolte (fibres, graines ou les deux). La variété Félina 32 qui est une variété intermédiaire, peut être cultivée à la fois pour la paille et pour le chènevis. Cette variété donne donc également un bon rendement de production de tourteau. Toutes les semences de chanvre sont exclusivement commercialisées en France par la Coopérative Centrale des Producteurs de Semences de Chanvre.

Semis

Sous nos latitudes, la plante se sème généralement entre mi mars et fin mai, selon les régions et les variétés. C’est une plante rustique qui s’adapte bien à des conditions difficiles de culture.
Cependant, le sol ne doit pas être hydromorphe, son pH doit être neutre et doit être préparé (labour + apport de compost ou fumier). La profondeur de semis ne doit pas dépasser 3cm, pour une densité de 20 à 80 kg de graines par hectare selon l’orientation de culture choisie (moins dense production de graines et plus dense production de paille), la répartition de celles-ci étant sans importance. Le semis peut se faire avec un semoir à céréales classique.

Suivi de culture

La plante est très utile en rotation de culture de part son pouvoir recouvrant qui empêche le développement d’adventices et ainsi « nettoie » le sol. De plus, elle ne subit que très peu les attaques d’insectes et un des rares parasites qui peut l’affecter est l’orobanche rameuse. Ainsi, les traitements herbicides et insecticides ne sont pas nécessaires durant la croissance de la plante jusqu’à sa récolte qui intervient généralement en début d’automne. Ses besoins en eau sont de l’ordre de 300 à 500 litres au cours du cycle végétatif pour 1 kg de matière sèche, ce qui correspond à une pluviométrie de 30 à 50 millimètres par tonne de matière sèche.

Récolte

Les graines n’arrivent pas à maturité au même moment. Il faut compter 40 jours après la pleine floraison pour effectuer la récolte et il s’agit aussi de faire un compromis entre la quantité de chènevis mature et les conditions météorologiques qui, si elles se dégradent, peuvent entrainer un égrenage ou une germination sur pied. D’un point de vue purement technique, la plupart des moissonneuses actuelles peuvent être utilisées mais en ne coupant que les têtes de la plante, avec une vitesse de batteur faible (300 t/mn). La coupe de la plante entière avec une moissonneuse batteuse peut entrainer le bourrage de la machine de part le caractère très fibreux de la plante qui va en augmentant à mesure que la maturité avance. Pour la fauche on utilisera donc une faucheuse à barres de coupe à lames et pas une faucheuse à système de coupe rotative car les tiges s’enroulent autours des assiettes et des tambours.

Séchage

La graine de chanvre est fragile. Si elle est abîmée elle s’oxyde et se dégrade rapidement. Ainsi pour le séchage, il peut se faire à la ferme en benne perforée et/ou ventilée avec retournements réguliers des graines en évitant les chocs qui les endommageraient.

Stockage et transformation

Enfin pour le stockage, le chènevis doit avoir un taux d’humidité inférieur à 8%, entreposé dans un endroit sec à l’abri du soleil et surtout hors de portée des oiseaux et des rongeurs qui en raffolent. Pour cela le stockage en Big Bag peut être une solution.
Le tourteau s’obtient ensuite par le pressage à froid des graines. Le rendement est voisin de 75%. Pour obtenir la farine de chanvre, il faut broyer, écraser et moudre le tourteau.