Le secteur cosmétique traverse une révolution silencieuse mais profonde. Face à une demande croissante pour des produits naturels et efficaces, l’industrie de la beauté se tourne vers des ingrédients végétaux aux propriétés exceptionnelles. Parmi ces découvertes botaniques, le Cannabis sativa industriel, plus communément appelé chanvre, s’impose comme l’une des innovations les plus prometteuses de la dernière décennie.
Cette plante millénaire, longtemps occultée par les controverses liées à ses variétés psychoactives, révèle aujourd’hui un potentiel cosmétique remarquable. Riche en acides gras essentiels, cannabinoïdes non-psychoactifs et antioxydants naturels, le chanvre répond aux exigences contemporaines d’une beauté consciente et performante. Son intégration croissante dans les formulations cosmétiques témoigne d’une transformation majeure des standards de l’industrie, où l’efficacité scientifiquement prouvée rencontre la naturalité recherchée par les consommateurs.
Composition biochimique du cannabis sativa et propriétés dermato-cosmétiques
La compréhension approfondie de la composition biochimique du chanvre cosmétique révèle une complexité moléculaire fascinante. Cette plante exceptionnelle concentre dans ses différentes parties – graines, tiges, feuilles – une synergie d’actifs naturels aux propriétés complémentaires. L’analyse phytochimique moderne dévoile plus de 400 composés bioactifs, dont une centaine spécifiquement adaptée aux besoins cutanés contemporains.
La richesse nutritionnelle du chanvre cosmétique dépasse largement celle d’autres huiles végétales traditionnelles. Son profil moléculaire unique associe macronutriments essentiels et micronutriments spécialisés, créant un écosystème biochimique parfaitement adapté à la physiologie cutanée. Cette compatibilité naturelle explique l’absorption rapide et l’efficacité remarquable observées lors des applications topiques.
Profil lipidique des graines de chanvre : acides gras essentiels oméga-3 et oméga-6
L’huile de graines de chanvre présente un ratio oméga-6/oméga-3 de 3:1, considéré comme optimal pour la santé cutanée. Cette proportion équilibrée favorise la synthèse de prostaglandines anti-inflammatoires tout en maintenant l’intégrité de la barrière hydrolipidique. L’acide linoléique (oméga-6) représente 50-60% de la composition lipidique, tandis que l’acide alpha-linolénique (oméga-3) atteint 15-20%.
L’acide gamma-linolénique (GLA), présent à hauteur de 2-4%, constitue un atout majeur pour les peaux sensibles et atopiques. Ce précurseur des prostaglandines de série 1 exerce des effets anti-inflammatoires documentés, réduisant significativement les réactions d’hypersensibilité cutanée. Les études cliniques démontrent une amélioration de 40% des scores SCORAD (Scoring Atopic Dermatitis) après 8 semaines d’application d’huile de chanvre standardisée.
Cannabinoïdes non-psychoactifs : CBD, CBG et leurs mécanismes d’action cutanés
Le cannabidiol (CBD) et le cannabigérol (CBG) interagissent avec le système endocannabinoïde cutané via les récepteurs CB1 et CB2, présents dans l’épider
cutané, véritable réseau de communication biochimique au sein de la peau.
En modulant l’activité de ces récepteurs, le CBD et le CBG participent à la régulation de processus clés : prolifération des kératinocytes, activité des glandes sébacées, réponse inflammatoire et perception de la douleur. Plusieurs travaux in vitro montrent une diminution significative de la libération de cytokines pro-inflammatoires (IL-6, TNF-α) après application de CBD purifié. De plus, ces cannabinoïdes non-psychoactifs exercent une action sébo-régulatrice mesurable, particulièrement intéressante pour les peaux grasses et à tendance acnéique.
Contrairement au THC, strictement encadré, le CBD et le CBG utilisés en cosmétique sont dépourvus d’effet psychotrope et ne traversent pas la barrière hémato-encéphalique lorsqu’ils sont appliqués localement. Leur profil de tolérance cutanée est excellent, même sur des peaux réactives, lorsqu’ils sont intégrés dans des concentrations conformes aux recommandations réglementaires. C’est cette combinaison d’efficacité ciblée et de sécurité d’emploi qui explique leur intégration croissante dans les soins visage, corps et capillaires.
Complexe protéique complet : 20 acides aminés pour la régénération cellulaire
Au-delà de sa richesse lipidique, le chanvre se distingue par un spectre protéique particulièrement complet. Les protéines issues des graines de Cannabis sativa renferment les 20 acides aminés, dont les 9 acides aminés essentiels que l’organisme ne peut synthétiser. Sur le plan cosmétique, ces acides aminés constituent des briques structurales indispensables à la synthèse de collagène, d’élastine et de kératine, trois protéines majeures pour la fermeté de la peau et la résistance des cheveux.
Intégrés dans des sérums ou des crèmes, les hydrolysats de protéines de chanvre agissent comme de véritables « boosters » de régénération cellulaire. Ils améliorent la cohésion de la couche cornée, optimisent la rétention d’eau et soutiennent les mécanismes naturels de réparation tissulaire après une agression (froid, UV, exfoliation). Plusieurs tests ex vivo montrent une augmentation de l’expression des marqueurs de différenciation épidermique (filaggrine, involucrine) après 14 jours d’utilisation, signe d’une barrière cutanée renforcée.
Pour vous, cela se traduit concrètement par une peau plus souple, mieux hydratée et moins sujette aux sensations d’inconfort. Sur les cheveux, ces complexes protéiques forment un film gainant micro-mince qui lisse les cuticules sans alourdir la fibre. Le résultat ? Un toucher plus soyeux, une réduction des frisottis et une meilleure résistance mécanique au brossage et aux agressions thermiques.
Antioxydants naturels : tocophérols, phénols et flavonoïdes anti-âge
L’huile de graines de chanvre est naturellement riche en vitamine E sous forme de tocophérols, auxquels s’ajoute un cortège de composés phénoliques et de flavonoïdes. Ce cocktail antioxydant agit comme un bouclier contre le stress oxydatif induit par les UV, la pollution et le rayonnement bleu, principaux moteurs du vieillissement cutané prématuré. Des mesures de capacité antioxydante globale (type ORAC) positionnent l’huile de chanvre parmi les huiles végétales les plus protectrices pour la peau.
Les tocophérols piègent les radicaux libres lipidiques avant qu’ils n’endommagent les membranes cellulaires, tandis que les polyphénols limitent l’activation de métalloprotéinases (MMP) responsables de la dégradation du collagène. À moyen terme, cette action combinée contribue à atténuer l’apparence des rides et à améliorer l’uniformité du teint. C’est aussi ce qui explique l’intégration croissante de l’huile de chanvre dans les soins anti-âge et les crèmes « bouclier urbain ».
On peut comparer ce système antioxydant à une équipe de vigiles répartis à différents niveaux de la peau : certains interceptent les agresseurs à l’entrée, d’autres neutralisent les dommages déjà enclenchés. Utiliser au quotidien un soin au chanvre, c’est donc offrir à votre épiderme une défense globale, continue, contre les attaques silencieuses qui accélèrent le vieillissement cutané.
Réglementation européenne et française sur l’utilisation cosmétique du chanvre
Le succès du chanvre en cosmétique s’accompagne d’un encadrement réglementaire strict en Europe et en France. Contrairement aux idées reçues, l’utilisation de dérivés de Cannabis sativa n’est ni anarchique ni laissée à l’appréciation des marques. Elle s’inscrit dans un cadre juridique précis qui vise à garantir la sécurité du consommateur, l’absence d’effet psychotrope et la traçabilité des ingrédients.
Pour les formulateurs comme pour les utilisateurs finaux, comprendre ces règles permet de distinguer les produits sérieux des promesses marketing approximatives. Cela rassure également sur un point clé : un cosmétique au chanvre légalement commercialisé en France ne peut pas « faire planer » ni rendre positif à un test de stupéfiants, dès lors qu’il respecte les seuils de THC imposés par la loi.
Règlement CE 1223/2009 : cadre légal pour les ingrédients dérivés du cannabis sativa
Le Règlement (CE) n°1223/2009 encadre l’ensemble des produits cosmétiques commercialisés dans l’Union européenne. Il définit les catégories d’ingrédients autorisés, restreints ou interdits, y compris ceux issus du cannabis. Les extraits de graines et de fibres de chanvre industriel (Cannabis sativa L. avec un taux de THC très faible) sont autorisés, à condition de respecter les listes de variétés inscrites au catalogue européen et de garantir l’absence de propriétés stupéfiantes.
Le règlement impose également une évaluation de sécurité pour chaque produit fini, menée par un expert toxicologue. Cette évaluation prend en compte la pureté de l’extrait de chanvre, son profil de contaminants potentiels (métaux lourds, résidus de solvants, THC) et son niveau d’exposition cutanée. Avant la mise sur le marché, chaque cosmétique doit être notifié sur le portail européen CPNP, ce qui assure une transparence totale vis-à-vis des autorités.
En pratique, cela signifie que lorsqu’une marque sérieux revendique l’utilisation d’huile de graine de chanvre ou de CBD, cette utilisation est documentée, tracée et validée. Vous n’avez donc pas à « faire confiance à l’aveugle » : un socle réglementaire robuste encadre chaque lancement et limite fortement les dérives.
Liste positive INCI : hemp seed oil, cannabidiol et nomenclatures autorisées
Sur les packagings, les ingrédients issus du chanvre apparaissent sous leur dénomination INCI (International Nomenclature of Cosmetic Ingredients). Parmi les plus courants, on retrouve Cannabis Sativa Seed Oil pour l’huile de graine de chanvre, Cannabidiol pour le CBD isolé, ou encore Cannabis Sativa Leaf Extract pour certains extraits de feuilles non psychoactives. Cette nomenclature uniforme permet d’identifier clairement la nature de l’ingrédient, quel que soit le pays de fabrication.
Les autorités européennes publient régulièrement des avis et clarifications sur ces dénominations afin d’éviter toute confusion avec des extraits non autorisés. Par exemple, les résines riches en THC restent strictement interdites en cosmétique. À l’inverse, les huiles de graines, naturellement dépourvues de cannabinoïdes psychoactifs, sont pleinement reconnues pour leurs qualités nutritionnelles et cutanées.
Pour vous repérer, un réflexe simple : rechercher systématiquement la mention Cannabis Sativa Seed Oil dans la liste INCI lorsque vous souhaitez bénéficier des propriétés hydratantes et protectrices du chanvre. Si le terme Cannabidiol apparaît, il s’agit d’un produit enrichi en CBD, avec une vocation souvent plus ciblée sur l’apaisement et la régulation de l’inflammation cutanée.
Contrôles ANSM et limites de THC : seuil de détection 0,2% dans les formulations
En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et la DGCCRF veillent particulièrement à l’absence d’effet stupéfiant dans les cosmétiques au chanvre. La référence de 0,2 % souvent citée concerne le taux maximal de THC autorisé dans la plante de chanvre brute au champ, et non dans le produit fini. Dans les formulations cosmétiques conformes, la teneur en THC est en pratique indétectable ou strictement inférieure aux seuils analytiques usuels.
Les fabricants sérieux mettent en place des contrôles analytiques systématiques (chromatographie en phase gazeuse ou liquide couplée à la spectrométrie de masse) pour vérifier l’absence de THC dans chaque lot d’extrait. Ces certificats d’analyse (COA) sont indispensables pour documenter la conformité réglementaire et rassurer distributeurs comme consommateurs. Ils sont souvent disponibles sur demande, voire publiés en toute transparence.
Autrement dit, vous pouvez utiliser une crème ou un sérum au chanvre avant un contrôle salivaire ou urinaire sans craindre de résultat faussement positif, dès lors que le produit respecte la réglementation. L’idée qu’un cosmétique au chanvre puisse influencer un test de dépistage relève davantage du mythe que de la réalité scientifique.
Certifications biologiques : ecocert, cosmos et labels pour le chanvre cosmétique
Parce que le chanvre s’inscrit naturellement dans une démarche de cosmétique durable, de nombreuses marques optent pour des certifications bio reconnues, telles qu’Ecocert ou Cosmos. Ces référentiels encadrent non seulement l’origine biologique de la plante, mais aussi les procédés d’extraction, l’usage de solvants, les additifs autorisés et l’impact environnemental global de la formule.
Pour obtenir un label tel que Cosmos Organic, l’huile de graine de chanvre doit provenir de cultures certifiées biologiques, sans pesticides de synthèse ni engrais chimiques, et être extraite par pression à froid ou par des procédés mécaniques doux. Les dérivés de cannabinoïdes, lorsqu’ils sont utilisés, doivent eux aussi répondre à des critères stricts de pureté et de traçabilité. C’est un gage supplémentaire de qualité, particulièrement recherché par les consommateurs exigeants.
En pratique, repérer un logo Ecocert ou Cosmos sur un soin au chanvre vous permet de vous assurer à la fois de la qualité intrinsèque de l’ingrédient et de la cohérence globale de la démarche de la marque. Quand on sait que la France est l’un des premiers producteurs mondiaux de chanvre industriel, choisir un chanvre bio et local, c’est aussi soutenir une filière agricole engagée.
Procédés d’extraction et techniques de purification industrielles
Derrière la mention « huile de chanvre » ou « extrait de CBD » se cache une réalité industrielle sophistiquée. La performance et la sécurité d’un cosmétique dépendent en grande partie du procédé d’extraction utilisé pour isoler les molécules d’intérêt. Comme pour le café ou le parfum, la manière dont on extrait les actifs du Cannabis sativa influence directement leur pureté, leur stabilité et leur efficacité sur la peau.
Les acteurs sérieux de la filière ont donc investi dans des technologies avancées, capables de préserver l’intégrité des composés sensibles tout en éliminant les éléments indésirables (cire, chlorophylle, traces de solvants, THC). Vous vous demandez pourquoi certains produits au chanvre semblent plus efficaces ou plus agréables à l’application que d’autres ? La réponse se trouve souvent dans ces étapes invisibles d’extraction et de purification.
Extraction supercritique au CO2 : préservation des molécules actives
Pour isoler les cannabinoïdes non-psychoactifs comme le CBD ou le CBG à partir des parties aériennes de la plante, l’extraction au CO2 supercritique est aujourd’hui considérée comme l’une des méthodes les plus propres et les plus performantes. Le dioxyde de carbone est porté à un état supercritique (entre le gaz et le liquide) sous haute pression, ce qui lui confère un pouvoir solvant très élevé sans toxicité résiduelle.
Ce procédé permet d’extraire de manière sélective les molécules lipophiles d’intérêt, tout en évitant l’utilisation de solvants organiques controversés. Une fois la pression relâchée, le CO2 s’évapore naturellement, ne laissant aucun résidu dans l’extrait final. Sur le plan cosmétique, cela se traduit par des extraits concentrés, stables, dépourvus d’odeur désagréable ou de contaminants.
On peut comparer cette technique à une « cuisine à la vapeur haute précision » des actifs de la plante : tout est pensé pour conserver le meilleur (les arômes, les molécules actives) tout en limitant les dégradations thermiques. C’est pourquoi les marques haut de gamme qui misent sur le CBD affichent souvent la mention « CO2 supercritique » comme un argument de qualité.
Distillation moléculaire et chromatographie : isolation des cannabinoïdes
Après l’extraction brute, une phase de purification est nécessaire pour affiner le profil des extraits. La distillation moléculaire, réalisée sous vide poussé et à basse température, permet de fractionner les composants en fonction de leur point d’ébullition. On obtient ainsi des « distillats » de CBD ou de CBG, hautement concentrés, avec des teneurs en cannabinoïdes pouvant dépasser 90 %.
La chromatographie (en phase liquide ou gazeuse) va encore plus loin en permettant de séparer finement chaque cannabinoïde et d’éliminer de manière ciblée toute trace de THC. Ces techniques, bien connues en pharmacie, sont de plus en plus utilisées en cosmétique pour obtenir des ingrédients standardisés, reproductibles d’un lot à l’autre. Pour les formulateurs, c’est la garantie de maîtriser précisément la dose d’actif apportée par chaque goutte de produit.
Pour vous, cela signifie une efficacité plus constante : un sérum au CBD issu de distillation moléculaire et de chromatographie offrira la même performance apaisante du premier au dernier flacon. C’est un point crucial lorsqu’on cible des problématiques comme les rougeurs, l’acné inflammatoire ou la dermatite, qui nécessitent une réponse stable et prévisible.
Pressage à froid des graines : huile vierge et conservation des nutriments
Pour l’huile de graine de chanvre, utilisée comme base lipidique dans de nombreuses crèmes et baumes, le procédé de référence reste la pression à froid. Les graines (chènevis) sont simplement mécaniquement pressées à faible température, sans raffinage agressif, afin de préserver l’intégralité de leur profil lipidique et antioxydant. Cette méthode limite l’oxydation des acides gras sensibles, notamment les oméga-3.
Le résultat est une huile vierge à la belle couleur vert émeraude, dotée d’une odeur végétale caractéristique. Sur le plan nutritionnel comme cosmétique, cette huile conserve ses acides gras essentiels, sa vitamine E naturelle et ses phytostérols. C’est ce qui en fait un allié de choix pour reformer le film hydrolipidique et apaiser les peaux desséchées ou atopiques.
À l’inverse, des huiles trop raffinées ou obtenues à haute température perdent une partie de leurs actifs fragiles et présentent un intérêt cosmétique moindre. D’où l’importance de privilégier la mention « huile de graine de chanvre vierge, première pression à froid » lorsque vous choisissez un soin riche en chanvre.
Fractionnement et standardisation : contrôle qualité des extraits
Dernière étape clé : le fractionnement et la standardisation des extraits. L’objectif ? Garantir qu’un même lot d’huile ou de CBD contienne toujours la même proportion d’actifs, malgré les variations naturelles liées aux récoltes (climat, terroir, variété). Pour y parvenir, les industriels ajustent finement la composition en mélangeant différents lots et en mesurant systématiquement les teneurs en acides gras, cannabinoïdes et antioxydants.
Cette démarche de standardisation s’apparente à celle utilisée en phytothérapie pour les extraits de plantes médicinales. Elle permet de revendiquer, par exemple, une « huile de chanvre standardisée à 3 % de GLA » ou un « extrait de CBD titré à 98 % ». Pour la peau, c’est la garantie d’une efficacité mesurable, reproductible d’un produit à l’autre, mais aussi d’une meilleure stabilité dans le temps.
Les laboratoires sérieux complètent ce travail par des tests de stabilité accélérée (chaleur, lumière, humidité) et des contrôles microbiologiques rigoureux. Résultat : des cosmétiques au chanvre qui ne se contentent pas d’un discours « naturel », mais répondent aux mêmes exigences de qualité pharmaceutique que les soins dermocosmétiques classiques.
Applications dermatologiques cliniques et efficacité thérapeutique
Si le chanvre est devenu incontournable en cosmétique, ce n’est pas uniquement pour son image « green ». C’est surtout parce que ses propriétés ont été étudiées dans des contextes dermatologiques variés : eczéma, psoriasis, acné, peau sensible, vieillissement cutané. De plus en plus d’études cliniques et d’observations en pratique montrent des résultats concrets sur la qualité de la peau, au-delà du simple confort d’application.
Le chanvre se distingue par une approche globale : il nourrit, protège, apaise et régule, sans bloquer les mécanismes physiologiques naturels. Plutôt que d’imposer une action unique (comme certains actifs très ciblés), il crée un environnement cutané plus stable, propice à l’auto-régénération. C’est cette polyvalence qui en fait un allié précieux dans de nombreuses routines de soin, des plus simples aux plus expertes.
Dans les dermatoses inflammatoires comme l’eczéma ou le psoriasis, l’association d’acides gras essentiels, de GLA et de composés anti-inflammatoires du chanvre contribue à restaurer la barrière cutanée et à diminuer les poussées. Des études pilotes rapportent une réduction significative de la sécheresse, des démangeaisons et des rougeurs après quelques semaines d’utilisation d’émulsions riches en huile de chanvre. Bien sûr, il ne s’agit pas d’un médicament, mais d’un complément dermo-cosmétique qui améliore le quotidien.
Sur les peaux à tendance acnéique, le duo huile de chanvre + CBD offre une réponse double : régulation de la production de sébum et diminution de l’inflammation autour des lésions. Le caractère non comédogène de l’huile évite l’obstruction des pores, tandis que le CBD module la réponse inflammatoire locale. Utilisé en sérum léger ou en crème fluide, ce type de formule permet d’hydrater sans graisser, ce qui est souvent le point faible des routines pour peaux grasses.
Enfin, dans une optique anti-âge, les antioxydants du chanvre limitent les dommages oxydatifs, tandis que les acides gras essentiels soutiennent la souplesse et l’élasticité de la peau. Combinés à d’autres actifs (acide hyaluronique, peptides, vitamines), ils renforcent l’efficacité globale de la formule. Beaucoup de consommatrices et consommateurs témoignent d’une amélioration de l’éclat du teint, d’une réduction des ridules de déshydratation et d’un meilleur confort cutané au fil des applications.
Marques pionnières et innovations produits sur le marché français
En France, plusieurs marques ont joué un rôle moteur dans la démocratisation du chanvre en cosmétique. Certaines ont fait du Cannabis sativa l’axe central de leur identité, d’autres l’ont intégré progressivement comme un actif clé au sein de gammes plus larges. Ce dynamisme a poussé l’ensemble du marché à innover, tant sur les textures que sur les associations d’ingrédients.
On retrouve aujourd’hui le chanvre dans quasiment toutes les catégories de produits : crèmes visage, sérums, huiles corps, baumes lèvres, soins mains, shampoings, masques capillaires, voire même maquillage hybride soin/beauty. Cette transversalité reflète la polyvalence de l’ingrédient, mais aussi l’engouement des consommateurs pour des routines plus courtes, où un même actif peut répondre à plusieurs besoins.
Les marques pionnières françaises ont souvent misé sur des approvisionnements locaux, en valorisant la filière chanvrière hexagonale. Certaines travaillent directement avec des coopératives agricoles pour sécuriser une huile de graine de chanvre bio, tracée du champ au flacon. D’autres se distinguent par des formulations minimalistes, où l’huile de chanvre est associée à quelques actifs ciblés (extraits de plantes, niacinamide, centella asiatica) pour optimiser la tolérance.
En parallèle, de grands groupes internationaux de la beauté ont lancé des gammes dédiées au chanvre, parfois sous des angles spécifiques : protection urbaine, hydratation intense, soin des peaux sensibles. On voit aussi émerger des lignes de maquillage enrichi en huile de chanvre, notamment pour les lèvres et les cils, afin de combiner couleur et soin nourrissant. Cette hybridation make-up/soin répond à une attente forte : ne plus avoir à choisir entre performance esthétique et respect de la peau.
Vous le constatez peut-être déjà dans les rayons : les mentions « Hemp », « Cannabis Sativa Seed Oil » ou « CBD » se multiplient, mais toutes ne se valent pas. Pour faire des choix éclairés, il est utile de vérifier la place de l’ingrédient dans la liste INCI (idéalement dans les premiers tiers), la présence éventuelle d’un label bio, et la transparence de la marque sur l’origine de son chanvre. C’est ce qui vous permettra de distinguer les vraies formules expertes du simple effet de mode.
Perspectives d’avenir : recherche scientifique et développements technologiques
L’histoire du chanvre en cosmétique ne fait que commencer. Les recherches sur le système endocannabinoïde cutané, sur les interactions entre CBD, CBG et autres phytocannabinoïdes, ainsi que sur les synergies avec les lipides et les protéines du chanvre, sont en plein essor. De nouveaux dérivés, mieux stabilisés et encore plus ciblés, sont en développement dans les laboratoires universitaires et privés.
Parmi les pistes prometteuses, on peut citer les liposomes de chanvre, qui encapsulent les actifs dans de petites vésicules lipidiques proches de la structure des membranes cellulaires. Ces systèmes d’encapsulation améliorent la pénétration des molécules dans l’épiderme et permettent une libération progressive, idéale pour les soins de nuit ou les peaux très réactives. Des vecteurs nanostructurés à base de phospholipides de chanvre sont également à l’étude pour optimiser encore la biodisponibilité cutanée du CBD.
La dimension environnementale va elle aussi continuer de jouer un rôle majeur. Le chanvre est une culture à faible impact, peu gourmande en eau et sans besoin massif de pesticides. À l’heure où l’industrie cosmétique doit réduire son empreinte carbone et repenser ses emballages, cette plante offre un modèle d’économie circulaire intéressant : huile pour les soins, fibres pour les packagings biosourcés, chènevotte pour d’autres applications industrielles.
On peut imaginer, dans les prochaines années, des gammes de cosmétiques où chaque composant, de l’actif à l’emballage, serait issu du chanvre ou d’autres ressources végétales à faible impact. Les progrès analytiques permettront également de mieux corréler profils phytochimiques et résultats cliniques, afin de concevoir des soins au chanvre « sur mesure » pour chaque type de peau. Une chose est sûre : loin d’être une simple tendance, le chanvre s’inscrit durablement dans l’avenir d’une cosmétique plus scientifique, plus responsable et plus respectueuse de la peau.
